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Observatoire du financement des entreprises Rapport sur le financement des PME-PMI et ETI en France

Après plusieurs mois de travail, son président, Gérard Rameix, a souhaité que l’Observatoire établisse un premier rapport d’ensemble dès que les principales données à fin 2010 seraient disponibles.

Ce rapport a été remis à Madame LAGARDE, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, ainsi qu’à Messieurs Eric BESSON, Ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie Numérique et Frédéric LEFEBVRE, Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions Libérales et de la Consommation.

Les conclusions des travaux, validées par l’ensemble des membres, dressent un panorama relativement inattendu.

Certes il est confirmé que les entreprises ont fait face à un choc exceptionnellement brutal à l’automne 2008 et en 2009 avec une baisse d’activité de 9% en moyenne et une forte chute de rentabilité, le ratio de rentabilité économique reculant en deux exercices de 10% à un peu plus de 6% en 2009. Les entreprises industrielles ont été encore plus sérieusement touchées que la moyenne.

Cependant, en moyenne et abstraction faite des défaillances, qui ont, comme lors de chaque crise, notablement augmenté, les PME-PMI et les ETI ont préservé, pour l’essentiel, leur situation financière. D’une manière qui peut surprendre, elles sortent de la crise avec une trésorerie supérieure à celle dont elles disposaient en 2007 et avec des fonds propres qui les situent plutôt au dessus de la moyenne européenne.

 

Plusieurs données sont très positives :

  • La bonne tenue des fonds propres pendant la crise s’inscrit dans une tendance longue de renforcement régulier de la part des fonds propres dans le bilan des PME-PMI depuis la fin des années 90 ; la crise ne paraît pas avoir remis en cause cette évolution ;
  • La distribution des crédits bancaires à ces mêmes entreprises, si elle a connu un fléchissement très net pendant la crise, a repris un rythme de croissance de 3,6% à la fin 2010, ce mouvement s’accélérant début 2011 ;
  • Au total, l’impact négatif de la crise sur les crédits aux PME-PMI apparaît globalement modéré en France au vu des performances observées lors des épisodes précédents de ralentissement économique et de la situation chez nos voisins européens.

 

Cependant, ces résultats qui marquent tant la qualité de la réaction des entreprises à un environnement adverse que la réussite des actions engagées par les pouvoirs publics trouvent pour une part leur contrepartie dans une chute de l’investissement, qui risque de handicaper certaines entreprises dans la phase de sortie de crise.

Surtout, des incertitudes qui pourraient peser sur l’offre de financement paraissent préoccupantes. Les segments amont du capital développement (tout particulièrement le capital risque) peinent à lever de nouveaux fonds et se reposent aujourd’hui principalement sur l’épargne des particuliers incitée par d’importantes dépenses fiscales ou sur la place grandissante prise par des acteurs publics tels que la Caisse des dépôts et consignations, le FSI ou OSEO. Les assureurs semblent limiter leurs investissements en actions, en partie en anticipation d’une régulation qui rendra ce type d’investissement plus couteux en fonds propres ; les banquiers risquent de suivre une voie identique pour faire évoluer leur activité de crédit aux entreprises en intégrant les contraintes de la régulation, dont les contours restent toutefois incertains à ce stade.

Sans bien évidemment récuser la démarche nécessaire des autorités prudentielles, les membres de l’Observatoire marquent leur inquiétude face à une série de facteurs négatifs qui pourraient, s’il n’y est pas porté attention, nuire au financement des PME-PMI dans les prochaines années. Ils sont préoccupés de constater qu’au moment où de nombreux économistes insistent sur la nécessité pour les économies européennes de disposer de financements longs à risque, les principaux acteurs du financement pourraient adopter des attitudes plus restrictives.

Au total, sur un strict plan financier et à l’exception des entreprises de très petite taille non suivies sur le plan statistique, les PME-PMI ainsi que les ETI ont préservé, malgré la crise, une situation en termes de bilan et de trésorerie tout à fait acceptable et même plus favorable que celle de la plupart de leurs concurrentes européennes.

En revanche, ce constat plutôt positif soulève d’autres questions assez préoccupantes qui devront faire l’objet de travaux plus poussés. La stratégie d’autonomie financière et le renforcement des structures bilancielles qui paraît avoir été celle des entreprises depuis 1997 s’est-elle payée d’une politique d’investissement timide, voire d’un insuffisant travail de rapprochement des PME-PMI en vue de former des ETI plus solides et mieux armées pour l’export ?

Les membres de l’Observatoire souhaitent attirer l’attention des pouvoirs publics sur ces questions qui devraient être au centre des processus de décision des politiques adoptées à l’égard des PME-PMI et ETI.

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Observatoire du financement des entreprises Rapport sur le financement des PME-PMI et ETI en France
  • Publié le 01/04/2011
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Mis à jour le : 27/08/2018 11:14